Cie Hippolyte a mal au coeur
Estelle Savasta

Au départ de chaque création de la compagnie, il y a une question.

« Comment devient-on un monstre ? » est la première, qui met la compagnie en mouvement autour du texte d’Agota Kristof Le Grand Cahier. L’histoire de ces intrigants jumeaux qui, se heurtant à une situation qu’ils n’ont pas les moyens de refuser, s’acharnent à détruire sans discernement tout ce qui fait souffrir et font doucement déraper la frontière de l’acceptable, est entièrement écrite au « Nous ». Comme si le « je » n’existait pas, comme s’il était dissout dans la gémellité. Pour conserver cette magnifique singularité, Estelle Savasta adapte le roman en Français et Langue des Signes Française et signe sa première mise en scène bilingue.
Le spectacle est crée à Mains d’œuvres en mars 2005. Il est repris la saison suivante à L’IVT, au Théâtre de la Manufacture de Nancy et au Théâtre 71, scène nationale de Malakoff. Pierre Ascaride associe alors la compagnie au projet du Théâtre 71.

Comment devient-on une fille ? Qu’est-ce que grandir ? Comment se relève-t-on de nos plus grands chagrins ? En 2008, Estelle Savasta s’intéresse à Peau d’âne et plus particulièrement au symbole énorme de cette peau dans laquelle la jeune fille entre belle et blessée, dans laquelle elle devient solitaire et crasseuse et dont elle sort droite dans ses bottes et prête à aimer. Estelle Savasta retricote une version très personnelle du conte de Perrault.
Seule dans ma peau d’âne est aussitôt édité par Lansman Editeur. Créé en 2008, le spectacle sera nommé aux Molières la même année et jouera plus de 200 fois dans les années qui suivront. Une version italienne sera jouée à Parme en janvier 2009 et une version brésilienne recréée à Rio de Janeiro avec une équipe locale en septembre 2013.

Jusqu’où peut-on décider de ce qu’est le bonheur pour son enfant ? Qu’est ce qui nous attache les uns aux autres ? Que transmet-on sans le savoir ? Ces questions sont au centre de Traversée. Une histoire de migration clandestine, d’adolescence, d’un amour fou et d’un secret très bien gardé. Pour l’écrire, Estelle Savasta collabore avec quatre jeunes mineurs isolés (migrants mineurs arrivés seuls et clandestinement sur le territoire français). C’est le premier processus de création participatif de la compagnie.
Le texte, publié dans la collection théâtre de l’Ecole des loisirs, est mis en scène dans une version bilingue français-langue des signes française en novembre 2011. Il sera en tournée les trois saisons suivantes.

En 2013, à l’invitation de DSN, Scène Nationale de Dieppe, Estelle Savasta s’installe dans une école de l’agglomération dieppoise et fait le pari de faire de chaque élève un collaborateur artistique et d’écrire PAR l’enfance. De leur rencontre est née une histoire de casseroles, Le Préambule des Etourdis, créé en novembre 2014.
Cette expérience marque le point de départ d’une nouvelle manière de travailler de la compagnie, qui dès lors associe au processus de création le public auquel elle s’adresse.

Compagnonne de la Garance scène nationale de Cavaillon, Estelle Savasta mène en 2015 – 2016 un grand laboratoire avec deux groupes de lycéens à Cavaillon et Lille, sur le thème de la désobéissance. De cette immersion sont nés deux projets : Lettres jamais écrites (créé en janvier 2017 au Grand Bleu à Lille), une forme de proximité écrite avec 15 auteurs et 9 lycéens, et Nous, dans le désordre (création octobre 2019).

La compagnie Hippolyte a mal au cœur est conventionnée par la DRAC Ile-de-France – Ministère de la Culture.